1/ Toute symptomatologie thoracique persistante ou résistante au traitement chez un patient fumeur ou ancien fumeur doit faire évoquer le diagnostic de cancer broncho-pulmonaire.
2/ Un cancer du poumon peut aussi se manifester par une symptomatologie extrapulmonaire liée notamment à une métastase ou un syndrome paranéoplasique.
3/ Une suspicion de cancer broncho-pulmonaire doit faire pratiquer une radiographie du thorax (face et profil).
4/ Le pronostic de la maladie est corrélé à la rapidité de la prise en charge thérapeutique et pour les cancers non à petites cellules à l’opérabilité de la tumeur ou non. Une imagerie suspecte doit faire demander sans retard une consultation spécialisée, d’autant plus si elle est associée à un examen clinique évocateur.
5/ Un scanner thoraco-abdominal doit être systématiquement effectué devant une image pulmonaire suspecte ou persistante après traitement antibiotique probabiliste ou devant l’aggravation de manifestations cliniques respiratoires ou générales.
6/ Une exposition à des facteurs de risque de cancer broncho-pulmonaire, en particulier un tabagisme (actif ou passif) et une exposition antérieure à des produits toxiques (notamment amiante, arsenic, nickel, cobalt, chrome, radon…) doit être systématiquement recherchée. Si l’origine professionnelle de la maladie est suspectée, elle doit faire l’objet d’une déclaration particulière selon la procédure en vigueur.
7/ Le diagnostic de cancer broncho-pulmonaire est anatomopathologique et repose en première intention sur l’analyse de biopsies réalisées lors d’une fibroscopie bronchique.
8/ Le choix des modalités thérapeutiques d’un cancer broncho-pulmonaire est guidé par son type histologique : cancer non à petites cellules (CNPC) ou cancer à petites cellules (CPC), l’extension de la maladie et les comorbidités du patient. La participation à des essais thérapeutiques doit être encouragée.
9/ Pour les CNPC :
- La chirurgie constitue la seule option curative des cancers non à petites cellules et justifie d’une prise en charge par une équipe spécialisée sans délais devant toute suspicion de cancer du poumon. Elle constitue le traitement de référence lorsque le stade et l’état du patient le permettent ;
- Pour les stades avancés, le traitement de la tumeur et des métastases repose sur une chimiothérapie +/- radiothérapie.
10/ Pour les CPC :
- Le traitement des stades limités repose sur la radio-chimiothérapie, systématiquement suivie d’une irradiation prophylactique cérébrale en cas de réponse complète au traitement initial ;
- Les stades diffus avec métastases relèvent d’une chimiothérapie.
11/ Il importe d’offrir les soins de support appropriés pour le maintien d’une qualité de vie.
12/ Le suivi clinique et radiologique selon une périodicité qui reste à valider doit permettre de dépister une éventuelle récidive pulmonaire ou l’apparition d’un autre cancer relié aux mêmes facteurs de risque (en particulier vessie, rein, ORL) ou encore, une localisation nouvelle au même organe.
13/ Il n’existe pas d’indication pour le dosage de marqueurs tumoraux sériques, que ce soit pour le dépistage, à visée diagnostique ou pour le suivi.
Réf :
HAS/INCA : Guide - Affection de longue durée. ALD 30 - Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique. Cancer du poumon et mésothéliome malin. Juillet 2009 |
Cancer
bronchique
Maladie |
CONDUITE GENERALE
Bilan initial
1/ Les
signes d'appel
2/ L'imagerie thoracique
3/ L'endoscopie
DIAGNOSTIC
4/ Le bilan d'extension
Traitement
GUERISON ?
Cancer
bronchique
Bilan initial : objectifs |
1/ Établir le diagnostic et le type histologique de la tumeur.
2/ Déterminer le stade de la maladie pour guider la prise en charge.
3/ Rechercher les co-morbidités du patient et les contre-indications aux traitements.
4/ Annoncer le diagnostic au patient conformément aux préconisations du dispositif d’annonce et lui apporter l’information nécessaire afin qu’il participe activement à sa prise en charge.
Réf :
HAS/INCA : Guide - Affection de longue durée. ALD 30 - Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique. Cancer du poumon et mésothéliome malin. Juillet 2009 |
Cancer
bronchique
Les signes d'appel/évocateurs |
Dans la plupart des cas les cancers bronchiques
sont diagnostiqués tardivement.
Les symptômes et signes
évocateurs de cancer bronchique peuvent être
liés à
la tumeur
son extension loco-régionale
sa dissémination métastatique
un syndrome paranéoplasique
Mais la découverte peut aussi se faire lors d'un
examen systématique (dépistage ;
bilan d'une
autre pathologie).
A. La tumeur
Signes/symptômes empruntés le plus souvent
toux (syndrome
bronchique), signe d'appel le plus fréquent ; lorsqu'elle persiste chez un fumeur ou ancien fumeur, lorsqu'elle change chez un bronchitique chronique, on doit évoquer un cancer bronchique
wheezing (obstruction proximale)
broncho-pneumopathies récidivantes dans le même territoire
suppuration
: abcès pulmonaire
envahissement loco-régional
douleurs (atteintes pleurales, pariétales)
dyspnée
syndrome
pleural
paralysie
phrénique
dysphonie
dysphagie
fistule trachéo-oesophagienne
compression cave supérieure
syndrome de
Pancoast et Tobias
syndrome de
Claude Bernard-Horner
Signes/symptômes propres à la tumeur : rares
hémoptysie
Dans une enquête en médecine générale, 7,5 % des premières hémoptysies se sont
révélées être liées à des cancers bronchiques ; cette proportion montait à 17 %
chez
les
hommes
de
plus de 75 ans (Jones, 2007).
Réf :
Jones R, Latinovic R, Charlton J, Gulliford MC. Alarm symptoms in early diagnosis
of cancer in primary care: cohort study using General Practice Research
Database. BMJ 2007;334:1040 |
B. L'extension
Signes généraux : 3 signes
cardinaux : asthénie, anorexie, amaigrissement ; ils doivent particulièrement attirer l'attention chez un malade BPCO, fumeur ou ex-fumeur. Un
amaigrissement
5 %
du poids habituel du sujet en quelques mois, est considéré comme un facteur de
mauvais
pronostic
dans les cancers broncho-pulmonaires.
Métastases
Au total 2 paramètres essentiels pour la décision thérapeutique et le pronostic :
qualité de vie (performance status)
amaigrissement
C. Les syndromes paranéoplasiques
Ensemble de signes cliniques accompagnant la présence
du cancer. ils sont nombreux et n'ont pas de valeur pronostique spécifique.
Liés à des substances sécrétées par les cellules cancéreuses ou à la réaction
de l'organisme face à la cellule cancéreuse.
Ils peuvent être la première, et longtemps la seule, manifestation du cancer.
Leur persistance après un traitement à visée curative signe
la persistance de cellules
néoplasiques non éliminées.
Leur réapparition, après une résection complète,
signe la rechute tumorale
même
si
aucun signe
n'est encore
perceptible.
Le
diagnostic de cancer bronchique doit être suspecté chez tout fumeur qui a
connu un changement récent de ses symptômes respiratoires.
L'interrogatoire doit systématiquement rechercher les facteurs de risque de cancer bronchique : tabac ; produits toxiques (professionnels : amiante, arsenic, nickel, cobalt, chrome, radon).
Une fois le diagnostic
évoqué le malade doit avoir un
bilan clinique
sur
les signes
d'appel
le thorax (sans oublier les aires sus-claviculaires)
les sites
métastatiques les plus fréquents
les contre indications
thérapeutiques potentielles
l'état général et
nutritionnel
bilan complémentaire
(cf infra)
Cancer
bronchique
Biologie |
Examens systématiques
Hémogramme, ionogramme, clairance de la créatinine, calcémie, bilan hépatique (bilirubine, transaminases, gGT), TP, TCA.
Examens ciblés en fonction de l'examen clinique et des co-morbidités.
Marqueurs biologiques
Pas d'indication du dosage des marqueurs tumoraux sériques à visée diagnostique.
Cancer
bronchique
Imagerie thoracique |
Radiographie (F + P) : c'est l'examen d'imagerie
initial, devant tout signe d'appel, qui permet de faire l'hypothèse d'un cancer broncho-pulmonaire
Scanner
La TDM du thorax avec injection (étendue
en région sous-diaphragmatique jusqu'aux surrénales) est considérée comme
l'outil de base pour la stadification T et N des cancers
bronchiques.
Préalable à l'endoscopie bronchique, elle
en
augmente le rendement ; elle permet aussi les reconstructions.
Réf :
Laroche
C et al. Role of computed tomographic scanning of the thorax prior to
bronchoscopy in the investigation of suspected lung cancer. Thorax
2000;55:359-63 |
Autres
échographie
RMN 2
indications
contact vasculaire
apex
PET
scan
Il est devenu un élément essentiel du bilan d'extension des
cancers broncho-pulmopnaires ; il dépiste toutes les lésions
dont la taille est > 1 cm ; sa seule limite est l'extension cérébrale
Au total
:
Suspicion de cancer (clinique ;
radiographie thoracique)
TDM thoracique
qui permet d'analyser
la tumeur (T)
son drainage lymphatique (N)
les
métastases (M)
intra-thoraciques, hépatiques et surrénaliennes en un seul temps.
L'imagerie thoracique, l'examen clinique et les co-morbidités guident le choix de la technique de prélèvement cyto-histologique.
Cancer
bronchique
Endoscopie |
L'endoscopie
bronchique est l'examen de base pour le diagnostic des obstructions
bronchiques.
Elle permet de :
1/ Localiser
la lésion
Ce critère est essentiel pour la classification
T,
N, M. Toute tumeur dont la partie proximale dans l'arbre bronchique se situe
à moins de 2 cm de la caréna est classée T3.
L'autofluorescence permet de découvrir des lésions dysplasiques suspectes.
B - L'immuno-marquage
(complément de l'étude morphologique) des prélèvements permet
de
préciser le type anatomo-pathologique de la tumeur
primitive
carcinomes : pancytokératines +
épidermoïdes : cytokératine 5/6 +
adéno-carcinomes : cytokératine 7+, ACE+,
TTF1+ (80 %)
carcinomes à petites cellules : chromogramine A +, synaptophysine +
orienter vers un site primitif devant une image suspecte
de métastase pulmonaire.
Le malade doit être informé des risque de complications de ces examens (saignement, pneumothorax) et doit rester en observation au décours immédiat du geste.
Une radiographie du thorax sera réalisée une heure après une biopsie transpariétale ou transbronchique pour détecter un éventuel pneumothorax.
Cancer
bronchique
Bilan d'extension |
| |
Cancer
bronchique : bilan d'extension
Toujours réalisé en situation curative ou ciblé sur des
signes d'appel
A discuter en situation palliative.
Il porte sur les sites métastatiques les plus fréquents. |
Cancer
bronchique
Autres examens pré-thérapeutiques |
Exploration fonctionnelle respiratoire : avant toute chirurgie ou radiothérapie
Bilan cardio-vasculaire
Pour finir,
Implications
thérapeutiques
pronostiques
Décision
thérapeutique par comité pluridisciplinaire
Procédure d'annonce
programme
personnalisé de soin remis au patient
Déclaration pour exonération du ticket modérateur (affection
de longue durée : ALD)
En cas
de risque professionnel
certificat de demande de reconnaissance au titre de la
maladie
professionnelle considérée |
Cancer
bronchique
Prise en charge thérapeutique
Objectifs |
Conduire le traitement le plus adapté
Eviter les complications liées au traitement et minimiser les séquelles thérapeutiques
Préserver la qualité de vie et proposer un soutien au patient et à son entourage
Accompagner le patient dans l'acquisition et le maintien des compétences dont il a besoin pour participer à sa prise en charge et gérer au mieux sa maladie
Réf :
HAS/INCA : Guide - Affection de longue durée. ALD 30 - Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique. Cancer du poumon et mésothéliome malin. Juillet 2009 |
Cancer
bronchique
Traitement
Généralités |
Cancer
bronchique
Cancer bronchique primitif non à petites cellules
Thérapeutique |
Observations générales
Les 2/3 des
patients sont inopérables au moment du diagnostic
La grande majorité
des opérés rechute
80 % des rechutes se
font à distance sous forme de métastases
Peu de chance
d'augmenter le taux de guérison par un traitement local
Nécessité de
trouver un traitement général efficace
Cas particuliers IIB/IIIA
Pancoast-Tobias
T3 invasion N0/N1 : chimioradiothérapie puis chirurgie + chimiothérapie
T4 extension N0/N1 : marginalement résécable : chimioradiothérapie puis réévaluation chirurgicale : si résécable : chirurgie + chimiothérapie ; si non résécable : radiothérapie + chimiothérapie
atteinte pariétale / atteinte des voies respiratoires proximales ou du médiastin
chirurgie en première intention si possible ; si non, radiochimiothérapie ou chimiothérapie puis chirurgie
R0 : chimiothérapie si pas déjà fait
R1/R2 : nouvelle résection + chimiothérapie si pas déjà fait ou chimioradiothérapie + chimiothérapie si pas déjà fait
La polychimiothérapie associe un sel de platine à une autre molécule choisie en fonction de l'anatomo-pathologie de la tumeur, des effets indésirables potentiels et de l'état général du patient ;
Une thérapie ciblée peut être associée à une chimiothérapie (PS : 0-1) ou proposée en monothérapie (PS ≥ 2) (discussion en RCP) ; l'évolution devrait se faire vers des traitements ciblés de première intention chez des malades répondant aux critères d'efficacité de la biothérapie ; aujourd'hui : erlotinib pour les patients adénocarcinomes avec une mutation EGFR ; bevacizumab pour les patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules non épidermoïdes sans antécédents d'hémoptysies.
Pour les sujets âgés (après évaluation onco-gériatrique) et/ou avec un PS ≥ 2, discussion en RCP pour une monochimiothérapie ou un soin de support ;
En cas de non-réponse tumorale ou de récidive après une première ligne de chimiothérapie, un protocole de deuxième ligne peut être proposé aux patients avec un PS < 2.
Résultats
| Stades |
Survie à 5 ans |
| |
|
cTNM |
pTNM |
|
IA |
T1a-bN0M0 |
50 % |
73 % |
|
IB |
T2aN0M0 |
43 % |
58 % |
|
IIA |
T1a-bN1M0 |
36 % |
46 % |
| T2aN1M0 |
|
|
| T2bN0M0 |
|
|
|
IIB |
T2bN1M0 |
25 % |
36 % |
| T3N0M0 |
22 % |
38 % |
| IIIA |
T1-2N2M0 |
19 % |
24 % |
T3N1-2M0
T4N0-1M0 |
- |
25 % |
| IIIB |
T4N2M0 |
7 % |
9 % |
| T1-4N3M0 |
3 % |
|
| IV |
tout T,N,M1 |
2 % |
|
| cTNM : TNM clinique/radiologique
; pTNM : TNM pathologique |
Réf
:
Goldstraw P, Crowley J, Chansky K, Giroux
DJ, Groome PA et al. The IASLC lung cancer staging project: Proposals for the revision of the TNM stage groupings in
the forthcoming (seventh) edition of the TNM classification of malignant tumours. J Thorac Oncol 2007, 2:706-14
Groome PA, Bolejack V, Crowley JJ, Kennedy C, Krasnick M et al. The IASLC lung cancer staging project: Validation of the proposals for revision of the T, N, and M descriptors and consequent stage groupings in the forthcoming (seventh) edition of the TNM classification of malignant tumours. J Thorac Oncol 2007, 2:694-705
Mountain CF. Revisions in the international system for staging lung
cancer. Chest 1997;111:1710-7 |
La reprise évolutive par métastase est 2 fois
plus fréquente que la rechute locale (20-50 % vs 10-25 %).
Cancer
bronchique
Cancer bronchique primitif à petites cellules Thérapeutique
|
| Cancer
bronchique à petites cellules |
| C'est
l'un des cancers les plus agressifs |
| Traitement |
Survie |
| Stade |
limité |
disséminé |
| Fréquence |
33 %
|
66 % |
| Symptomatique
(médiane ; mois) |
3 |
1,5 |
| Chirurgie
(5 ans ; %) |
<
1
(RCP) |
--- |
| Chimiothérapie |
|
|
mono- (médiane ;
mois)
poly-
médiane (mois)
5 ans (%) |
6
10-14
2-8 |
4
7-11
0-1
 |
Chimio-radiothérapie
médiane (mois)
5 ans (%) |
12-16
6-12
 |
7-11
0-1 |
: traitement recommandé
|
Réf :
Ihde DC. Chemotherapy of lung cancer. N Eng J Med 1992; 327: 1434-4 |
Mais l'apport de la radiothérapie
(qui doit être plutôt précoce)
se limite à :
- une diminution du risque de récidive thoracique locale
- une augmentation du taux de survie de 5,4 ± 1,4 % à 3 ans, surtout observé chez les malades
jeunes
et dans les formes localisées
- une faible augmentation de la mortalité par toxicité
Réf :
Arriagada R et coll. Effect of
thoracic radiotherapy on mortality in limited small cell lung cancer. A meta-analysis of
13 randomized trials among 2,140 patients. Anticancer Res 1994;14:333-6
Warde P et al. Does thoracic irradiation improve survival and local
control in limited-stage small-cell carcinoma of the lung ? A meta-analysis.
J Clin Oncol 1992;10:890-5
Pignon J et al. A meta-analysis of thoracic radiotherapy for small cell
lung cancer. N Eng J Med 1992;327:1618-24 |
Au total,
Chimiothérapie de référence de première ligne : association sels de platine - étoposide
Association radio-chimiothérapie :
une association concomitante est supérieure à une association séquentielle
La radiothérapie prophylactique cérébrale est systématique en cas de réponse complète au traitement
En cas de cancer combiné "petites cellules" et "non petites cellules" la prise en charge du patient doit être celle d'un CPC
Après échec d'une première ligne de chimiothérapie, on distingue 2 situations
- malade "sensible" (délai de rechute ≥ 3 mois) : reprise du traitement initial
- malade "réfractaire" (délai de rechute < 3 mois) : si PS < 2 discuter une 2ème ligne de chimiothérapie
Relation dose-intensité
La relation entre l’intensification de la
chimiothérapie et l’amélioration du contrôle de la maladie reste discutée.
Réf :
Klasa R et al. Dose-intensity meta-analysis of chemotherapy regimens in
small-cell carcinoma of the lung. J Clin Oncol 1991;9:499-508 |
La multiplication des programmes de dépistage augmente
le nombre de petites
tumeurs périphériques conduisant à une exérèse chirurgicale de cancer à petites cellules. Ces équivalents
de stade I opérés ont des taux de survie à 5 ans qui peuvent être élevés et conduisent
à s'interroger sur la règle thérapeutique "non chirurgicale" des cancers à petites
cellules stades I et II de la classification TNM dont la nature anatomo-pathologique
est
connue
avant
la
décision
thérapeutique
initiale.
Réf
Brock MV, Hooker CM, Syphard JE et al. Surgical
resection of limited disease small cell lung cancer in the new era of
platinum chemotherapy: its time has come. J Thoracic Cardiovasc Surg 2005;129:64-72 |
Cancer
bronchique
Cancer bronchique primitif
Sevrage tabagique |
Il est impératif pour les
malades a priori guéris : cancer bronchique non à petites cellules totalement
réséqués.
Il est recommandé pour les malades en projet
curatif : cancer bronchique à petites cellules limité.
Il ne modifie pas le pronostic pour les
malades en projet palliatif : cancer
bronchique non à petites cellules non réséquable ; cancer bronchique à petites
cellules disséminé.
Réf :
Tsao AS,
Liu D, Lee JJ, Spitz M, Hong WK. Smoking affects treatment outcome
in patients with advanced nonsmall cell lung cancer. Cancer 2006;106:2428-36
Videtic GM,
Stitt LW, Dar AR, Kocha WI, Tomiak AT, Truong PT, Vincent MD, Yu EW. Continued
cigarette smoking by patients receiving concurrent chemoradiotherapy for
limited-stage
small-cell lung cancer is associated with decreased survival. J Clin Oncol 2003;21:1544-9 |
Traitement médical : critères
d'efficacité
Ils sont cliniques, radiologiques et endoscopiques.
Ils permettent de définir la réponse objective et d'envisager la suite de la
prise en charge.
Cancer
bronchique
Cancer bronchique primitif
Métastases : traitement |
Une métastase à distance dun cancer
bronchique le fait classer M1 et
en stade IV cest à dire en projet palliatif. Dans quelques rares
cas, une
métastase unique peut être réséquée dans un objectif
curatif.
Métastases
osseuses : l'objectif de leur traitement est d'obtenir le meilleur
confort possible pendant la durée de la survie.
Métastases
cérébrales : quand elle est unique, résécable et que la lésion
primitive peut être contrôlée, la chirurgie d'exérèse doit être conseillée.
Métastases
hépatiques : elles traduisent un cancer déjà avancé ; leur traitement
est symptomatique.
Métastases
surrénaliennes : la coeliochirurgie d'exérèse peut quelquefois
être utile, à but curatif lorsque la lésion primitive peut être contrôlée, pour
prévenir des douleurs souvent difficiles à contrôler lorsqu'on est en situation
palliative.
Métastases
pulmonaires : lorsqu'elle est unique il faut savoir penser à un
second cancer synchrone ou métachrone (cf cancers bronchiques multiples).
Cancer
bronchique
Cas particuliers |
Les
cancers bronchiques multiples
2 situations :
Découverte simultanée de 2 nodules pulmonaires dans 2 lobes ou poumons
différents : cancer primitif et métastase ou deux cancers primitifs
synchrones ?
Nouveau nodule solitaire pulmonaire 2 à 3 ans après une chirurgie
curative : récidive, métastase ou second cancer primitif (métachrone)
Le cancer bronchique du sujet âgé
Le cancer bronchique chez la femme
Le cancer bronchique chez le malade VIH+
Objectifs
déceler les récidives locales et à distance
organiser les soins de support nécessaires
faciliter la réinsertion professionnelle
actualiser l'éducation thérapeutique
améliorer la qualité de vie du patient et celle des proches
Surveillance
2 considérations distinctes à prendre
en compte lorsqu’on planifie le suivi d’un patient traité pour
un cancer bronchique, surtout si on était en situation curative
:
- prise en charge des complications liées
au traitement,
- détection des récidives du cancer et/ou
apparition d’un nouveau
cancer primitif vu suffisamment tôt pour permettre un traitement potentiellement
curateur.
1/ Le suivi des complications devrait être le fait du
spécialiste
responsable du traitement et devrait durer 3-6 mois.
2/ Les récidives du
cancer bronchique primitif apparaissent le plus fréquemment
dans les 2 ans mais il y a un risque accru, tout au long de la vie, d’environ
1 à 2 % par an de développer un second cancer primitif.
Le programme
de surveillance
est
recommandé, basé sur des visites périodiques, avec
une imagerie et des conseils au patient lui permettant de reconnaître
les symptômes,
devrait être coordonné par
une équipe multidisciplinaire et surveillé par le médecin
qui a fait le diagnostic et initié le traitement du premier cancer.
Les radiographies thoraciques annuelles sont “raisonnables”.
L’utilisation en routine de la tomodensitométrie, des scintigraphies
osseuses, de l’imagerie cérébrale et des marqueurs sériques
n’est pas recommandée pour les cancers du poumon.
Beaucoup de patients ont des suivis plus importants et plus onéreux
malgré le manque d’options curatives pour les récidives
ou la preuve qu’un traitement plus précoce conduit à un meilleur
résultat.
En pratique, aujourd'hui, on peut recommander pour les cancers bronchiques non à petites cellules
Examen clinique |
tous les 3 mois pendant 2 ans puis tous les 6 mois pendant 3 ans |
Radiographie du thorax (F + P) |
TDM thoracique avec coupes sous-diaphragmatiques |
tous les 6 mois pendant 2 ans puis tous les ans pendant 3 ans |
En l'absence de données pour les CPC, le même protocole peut être utilisé.
Cancer
bronchique secondaire |
Cancer bronchique secondaire
A lire
- Quelle surveillance pour les
cancers bronchiques - JM Vernejoux 1998