BPCO
Les broncho-pneumopathies chroniques obstructives |
| Créé le 12/02/1998 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 26/11/2009) |
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Sommaire
La BPCO appartient au champ des maladies
broncho-pulmonaires obstructives
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| 1/ Qu'appelle
t-on bronchite chronique |
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Affection caractérisée par une |
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hypersécrétion muqueuse, bronchique chronique, |
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permanente ou récidivante, survenant la plupart des jours, |
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au moins trois mois par an pendant au moins deux années consécutives |
| |
sans que l'on puisse individualiser une affection broncho-pulmonaire pré-existante. |
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|
| Les
symptômes de la bronchite chronique ne prédisent pas
le déclin du VEMS qui conduit à la BPCO |
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| On distingue : |
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Bronchite chronique
simple |
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Bronchite chronique
avec syndrome
ventilatoire obstructif : bronchite chronique avec obstruction permanente
des voies
aériennes (VEMS/CVF < 70 % en état stable), réversible ou pas |
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Bronchite chronique obstructive
avec
insuffisance respiratoire : bronchite chronique obstructive avec hypoxémie
de repos
persistante. |
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| 2/
Qu'appelle t-on emphysème |
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Augmentation de taille, au-dessus de la normale, des espaces aériens distaux au-delà de
la bronchiole terminale, soit par dilatation, soit par rupture alvéolaire. |
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| En pratique :
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Lorsque l'on parle de broncho-pneumopathie chronique
obstructive (BPCO), on fait référence à un ensemble de maladies respiratoires
chroniques, lentement progressives, qui se caractérisent par |
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1/ Clinique
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toux
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expectoration |
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dyspnée
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| et/ou
antécédents d'exposition aux facteurs de risque de la maladie (tabac) |
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| 2/ EFR |
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trouble ventilatoire obstructif
incomplètement réversible |
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VEMS/CVF <
70 % (après bronchodilatateur) |
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perturbation des échanges gazeux.
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à cela
s'ajoute la distension avec augmentation de la capacité résiduelle fonctionnelle,
qui s'aggrave à l'exercice |
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Au total
Les fumeurs avec BPCO ont une plus forte
consommation de tabac, une plus grande dépendance à la nicotine, une plus
forte concentration de CO expiré, suggérant un mode différent de tabagisme.
|
Réf :
Jimenez-Ruiz CA,
Masa F, Miravittles M, Gabriel R, Vieja JL, Villasante C, Sobradillo
V, and the IBERPOC study investigators. Smoking characteristics
- Differences in attitudes and dependance between healthy smokers
and smokers with COPD. Chest 2001;119:1365-70 |
BPCO
Systèmes de défense du poumon |
Le fumeur soumet son poumon à une exposition
cyclique de gaz toxiques et de cigarettes.
La BPCO est liée à la quantité
totale d'aérocontaminants
(gaz toxiques et particules) inhalés par l'individu pendant sa vie.
Face à cela, le système respiratoire dispose d'une capacité de réponse immune
et inflammatoire, innée et adaptative.
La toux et l'expectoration sont la manifestation de la réponse innée à cette
agression.
La réponse innée
se
manifeste par
la
toux
l'expectoration
est
basée sur
le tapis muco-ciliaire et
le système monocyte/macrophage pour
remonter les particules déposées.
la
barrière épithéliale,
avec ses jonctions étroites (tight junction) entre les cellules
épithéliales, qui sépare les tissus et l'espace aérien.
Lorsque cette barrière est lésée par l'exposition chronique à la cigarette,
cela induit une réponse inflammatoire ; les phagocytes migrent et
détruisent les particules étrangères.
Cellules participant à la réponse innée : polynucléaires, éosinophiles,
macrophages, cellules "natural killer", mastocytes.
La réponse adaptative conserve
la mémoire précise des antigènes solubles ou particulaires inhalés dans
le poumon.
Pénétration des antigènes
Les antigènes peuvent pénétrer un épithélium intact au niveau des BALT
(bronchial associated lymphatic tissue) ou pénétrer l'épithélium au niveau
d'une lésion.
Les cellules dendritiques (situées à la
base de l'épithélium ou dans la lamina propria) prennent ces antigènes et les
transportent aux BALT ou aux ganglions lymphatiques régionaux.
L'antigène y est présenté à des groupes séparés de lymphocytes B ou T.
Le signal transmis d'un lymphocyte T CD4 à un lymphocyte B activé par le même
antigène induit une prolifération des lymphocytes B et la production
d'anticorps ; certaines de ces cellules B vont devenir des cellules mémoires.
Ces cellules retournent au site de la lésion.
Les sous-populations
cellulaires
La sous-population Th2 des CD4 sécrète
interleukine
4 qui conduit les cellules B à fabriquer des IgE,
TGF-b
(transforming growth factor) et interleukine 5 qui
conduisent les cellules B à produire de l'IgA.
La sous-population Th1 des CD4 sécrète
interféron-g qui
active les macrophages qui détruisent les particules phagocytées
Une sous-population de lymphocytes CD8 sécrète
interféron-g
qui active les macrophages
Une autre population de lymphocytes CD8 cytotoxiques reconnaît les cellules
nucléées infectées par des pathogènes intra-cellulaires et les détruit.
2 cytokines importantes (TNF-a
; interleukine 1b)
initient et orchestrent la réponse innée en stimulant les cellules B et T ;
les 2 induisent une réaction inflammatoire locale importante.
TGF-b est
important dans la transition de la réponse immune inflammatoire au processus de
réparation.
Seule l'interleukine 1b stimule
le dépôt de collagène associé au processus de réparation.
Il est à noter que, dans la BPCO, on continue à observer une
accumulation progressive des cellules de la réponse immunitaire innée et adaptative
dans et autour des voies aériennes, une fibrose péribronchique et une hypersécrétuion
muqueuse même après arrêt des facteurs de risque (sevrage tabagique).
Cela à amener certains auteurs à considérer qu'au-celà de l'effet toxique de
la cigarette, du rôle de l'infection chronique, la BPCO pouvait devenir une
maladie auto-immune dirigée contre des épitopes nouveaux ou altérés.
Effet
systémique
Certaines de ces cytokines, générées
au site de la lésion, ont une fonction endocrine et stimulent
l'hypothalamus
pour induire la fièvre (TNF-a
; interleukine 1b)
le foie,
pour augmenter la synthèse des protéines de la phase aiguë (TNF-a
; interleukine 1b)
la moelle
osseuse pour augmenter la production et la libération de leucocytes et de
plaquettes.
Une exposition chronique à la fumée de cigarette augmente la production de protéines
de la phase aiguë par le foie, la production et la libération de leucocytes.
Systèmes
de défense broncho-pulmonaires
BPCO :
inflammation
|
Réf :
Curtis L,
Freeman CM, Hogg JC. The immiunopathogenesis of chronic obstructive
pulmonary disease. Proc Am Thorac Soc 2007;4:512-21
Hogg
JC. Pathophysiology of airflow limitation in chronic obstructive
pulmonary disease. The Lancet 2004;364:709-21
Hogg
JC, Chu F, Utokaparch S, Woods R, Elliott WM, Bazatu L, Cherniack
RM, Rogers RM, Sciurba FC, Coxson HO, Pare PD. The nature of
small-airway obstruction in chronic obstructive pulmonary disease. N
Eng J Med 2004 ;350 :2645-53 |
BPCO
: anatomo-pathologie
Les femmes ont plutôt un phénotype bronchique,
les hommes un phénotype parenchymateux.
BPCO
Conséquences physio-pathologiques |
| |
Avec l'aggravation de l'obstruction bronchique, le temps expiratoire ne permet plus une expiration normale. Cela conduit à une augmentation du volume résiduel et de la capacité résiduelle fonctionnelle, et à l'hyperinflation encore augmentée à l'exercice ; c'est l'hyperinflation dynamique. |
| |
| BPCO
: Conséquences physio-pathologiques |
| |
BPCO
Épidémiologie et facteurs de risque |
Réf
:
Johannessen
A, Omenaas ER, Bakke PS, Gulsvik A . Implications of reversibility
testing on prevalence and risk factors for chronic obstructive
pulmonary disease - a community study. Thorax 2005;x:Aug
5; [Epub ahead of print]
Stang P, Lydick E, Silberman C, Kempel A, Keating ET. The prevalence
of COPD – Using smoking rates to estimate disease frequency in
the
general population. Chest 2000;117:354S-9S |
En
savoir plus
BPCO
Tableau évolutif / histoire naturelle des BPCO |
On peut considérer qu'on
arrive au stade BPCO par 2 évolutions différentes
qui peuvent se retrouver simultanément chez le même malade :
- la voie bronchique par la bronchopathie chronique issue essentiellement du
tabac
- la voie parenchymateuse par l'emphysème dans lequel les facteurs génétiques
jouent un rôle important.
Au total, les 2 évolutions
conduisent à l'Insuffisance Respiratoire Chronique (IRC).
Facteurs pronostiques des BPCO
La
bronchite
chronique au quotidien
| Au total,
|
|
la prise en charge d'un malade atteint de BPCO se décline en 4 points
|
 |
évaluation
et suivi de la maladie
|
 |
réduction
des facteurs de risque
|
 |
gestion
de l'état stable
|
 |
gestion
des exacerbations |
| |
| les
objectifs de la prise en charge sont |
 |
prévenir la
progression de la maladie |
 |
soulager des
symptômes |
 |
améliorer la
tolérance à l'exercice |
 |
améliorer la
santé |
 |
prévenir et
traiter les complications |
 |
prévenir et
traiter les exacerbations |
 |
réduire la
mortalité |
Physiopathologie
Définition
Facteurs
de risque
Diagnostic
de gravité
Causes
Prise
en charge thérapeutique
Guérison
et impact sur l'évolution
I- BPCO stable : diagnostic
1/
Diagnostic positif
2/
Diagnostic
de gravité
3/
Classification des BPCO
4/
Diagnostic différentiel
5/
Diagnostic
étiologique
II- BPCO stable : prise en charge
thérapeutique
BPCO
BPCO en état stable
Diagnostic |
1/ DIAGNOSTIC POSITIF
| |
| Il repose sur |
 |
interrogatoire : |
|
recherche les éléments
de la définition
toux
: chronique, la plupart des jours, généralement matinale au début ("toilette
bronchique matinale du fumeur")
puis apparaissant dans l'ensemble de la journée
expectoration
: chronique, le plus souvent
muqueuse, quelquefois muco-purulente ou purulente ; jamais très abondante
dyspnée
: persistante, progressive, aggravée pendant les infections respiratoires
recherche
des facteurs de risque : tabac surtout
antécédents
épisodes
répétés de "bronchite aiguë"
familiaux
de BPCO ou autres maladies respiratoires
co-morbidités
traitements pris (sont ils adaptés ?)
soutien social et
familial |
 |
examen physique |
|
auscultation (ronchus) |
2/ DIAGNOSTIC DE SÉVÉRITÉ
interrogatoire
: morbidité
évaluation
de la dyspnée
exacerbations ou
hospitalisations antérieures pour cause respiratoire (nombre et durée des
exacerbations),
qualité de vie
: retentissement de la maladie sur la vie quotidienne et
professionnelle (activités ; charge économique ; absences au
travail ; anxiété ; dépression ; entourage)
| |
imagerie |
|
Analyse
: thorax, coupoles diaphragmatiques, cœur, artères pulmonaires, trame,
parenchyme, bronches |
|
|
|
|
examen
biologique sanguin
exploration
fonctionnelle respiratoire
Objectifs
confirmer l'obstruction bronchique
mesurer la réversibilité
évaluer la sévérité
surveiller l'évolution |
La diminution des débits bronchiques expiratoires est due à une
augmentation des résistances des voies aériennes et/ou à une
augmentation de la compliance pulmonaire liée à l'emphysème.
Elle doit être précoce chez le malade symptomatique car la connaissance
par le malade de "ses
chiffres" est le début de son éducation thérapeutique et peut être un encouragement au sevrage tabagique.
Elle permet de déterminer quel type de traitement est susceptible d'améliorer l'état clinique d'un malade avec des symptômes génants.
Mais l'intérêt des débits bronchiques pour définir le besoin de traitement chez les malades sans symptômes ou pour surveiller les traitements en cours est discutable car
l'amélioration clinique n'est pas liée à la réponse spirométrique au traitement,
les interventions autres que le sevrage tabagique ne modifient pas le déclin du VEMS,
les doses plus élevées de traitement inhalés associés ne semblent pas plus efficaces que les doses plus faibles ou les monothérapies,
ces interventions n'ont pas montré leur efficacité chez les sujets asymptomatiques ou atteints d'obstructions bronchiques légères à modérées.
| |
courbe
débit/volume |
|
spirométrie :
le VRI et la CPT reflètent sans doute mieux la réponse fonctionnelle,
l'amélioration des symptômes et la tolérance à l'exercice induites
par les bronchodilatateurs, la réversibilité des débits étant très
faible.
La "fraction inspiratoire", rapport capacité inspiratoire/CPT est un bon facteur prédictif de la mortalité.
|
|
analyse |
Réf :
Petty
TL. COPD: Is early recognition and treatment important? Pulm Perspect 1996
13;2:1-2
Vogiatzis I, O Georgiadou O, Golemati S, Aliverti A, Kosmas E, Kastanakis E, Geladas
N, Koutsoukou A, Nanas S, Zakynthinos S, Roussos Ch. Patterns of dynamic
hyperinflation during exercise and recovery in patients with severe chronic
obstructive pulmonary disease. Thorax 2005;60:723-9
Wilt TJ, Niewoehner D, Kim CB et al. Use of spirometry for case finding, diagnosis and management of chronic obstructive pulmonary disease (COPD). Evidence Report/Technology Assessment N° 121. AHRQ Publication N° 05-E017-2. Agency for healthcare research and quality, september 2005
|
examen
cardio-vasculaire
Il est possible que l'hyerinflation pulmonaire, en comprimant le coeur, ait un effet délétère sur la fonction cardiaque.
épreuve
d'effort
Au total,
marqueurs
de la BPCO
biologiques : expectoration
(marqueurs de l'inflammation, cellulaires -neutrophiles, macrophages,
éosinophiles, lymphocytes- et solubles -TNF a,
IL-8, ECP-) ; gaz expirés (NO) ; marqueurs sanguins -TNF
a, IL-5, IL-8, CRP-)
physiologiques : EFR
; HRB
; exercice ; fonction musculaire ; masse corporelle ; imagerie ; HTAP
cliniques : symptômes
;
état de santé lié à la maladie ; état de santé général ; cognition
caractéristiques
cliniques radiologiques et fonctionnelles des deux types de bronchopathies
chroniques obstructives
BPCO Examens
complémentaires de base
BPCO surveillance
minimale
3/ CLASSES
DE SÉVÉRITÉ
4/ DIAGNOSTIC
DIFFÉRENTIEL
asthme vieilli : mais
symptômes apparus dans l'enfance, variables d'un jour à l'autre, avec
manifestations allergiques
dilatation
des bronches
: quantité plus importante d'expectoration purulente ; souvent un début
précoce dans la vie
tuberculose
bronchiolite
oblitérante
insuffisance
cardiaque gauche
les maladies
qui font tousser les
hommes de plus de 40 ans fumeurs (cancer
bronchique)
L'histoire clinique respiratoire du malade permet, le plus souvent, de faire
la
différence.
5/ DIAGNOSTIC
ÉTIOLOGIQUE
Recherche des facteurs de risque
6/ MANIFESTATIONS
SYSTÉMIQUES
ACCOMPAGNANT LES BPCO
7/ BPCO et SOMMEIL
Forte
prévalence du ronflement parmi les sujets avec bronchite chronique
La
prévalence estimée des apnées obstructives du sommeil (index apnée/hypopnée
10 et des symptômes
diurnes comme un endormissement diurne ou une facilité à somnoler pendant
les arrêts d'activité pendant la journée) était de 5,4 % pour les bronchitiques
chroniques et 2,3 % pour les sujets sains sur le plan respiratoire.
Un
"problème de ronflement" prédit l'apnée obstructive du sommeil
de la même façon chez les bronchitiques chroniques et les sujets sains
sur le plan respiratoire
|
Réf
:
Larsson
LG, Lindberg A, Franklin KA, Lundback B. Obstructive Lung Disease
in Northern Sweden Studies. Obstructive sleep apnoea syndrome
is common in subjects with chronic bronchitis. Report from the
Obstructive
Lung Disease in Northern Sweden studies. Respiration 2001;68:250-5 |
|
 |
BPCO
BPCO en état stable
Prise en charge thérapeutique |
La BPCO est
une maladie multifactorielle, aux composantes
diverses et
d'évolution longue et
capricieuse pouvant aboutir à des complications
graves.
Son bilan est donc triple
bilan de la maladie broncho-pulmonaire elle-même et de ses conséquences cardio-vasculaires
bilan des manifestations systémiques liées à la BPCO
bilan des co-morbidités éventuelles
La BPCO a 3
conséquences majeures
une
mauvaise santé
une
baisse de la qualité de vie qui peut aller jusqu'au handicap
le
décès
|
Une
prise en charge effective |
| |
se
décline en 4 parties |
| |
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Evaluation et
surveillance de la maladie |
| |
|
Réduction des
facteurs de risque |
| |
|
Gestion de
l'état stable |
| |
|
Gestion des
exacerbations |
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a
7 objectifs |
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|
Prévenir la
progression de la maladie (dégradation de la fonction respiratoire) |
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Réduire les
symptômes |
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|
Augmenter la
tolérance à l'exercice |
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Améliorer la qualité de vie
réduire
le handicap quotidien |
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Prévenir et
traiter les complications |
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Prévenir et
traiter les exacerbations (diminuer leur fréquence et sévérité) |
| |
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Prévenir ou minimiser
les effets secondaires des médicaments |
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Réduire la
mortalité |
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Le traitement a
2 objectifs spécifiques |
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1/ traiter
les composantes de l'obstruction
hypersécrétion bronchique
bronchospasme
inflammation
Infection (prévention) |
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2/ traiter
les conséquences de l'obstruction
dyspnée
hypoxémie
HTAP et CPC
hypercapnie
polyglobulie |
| |
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Le traitement nécessite de
|
| |
convaincre le malade de la nécessité
du sevrage tabagique, |
| |
faire face à chacune des composantes
de l'obstruction,
|
| |
dépasser l'action ponctuelle en
expliquant la maladie, ses facteurs de risque, le risque évolutif.
|
| |
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|
Le traitement s'appuie sur |
| |
1/ un bilan complet
systématique répondant à 6 questions |
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facteurs de risque :
sevrage tabagique +++ |
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part du bronchospasme |
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part de l'inflammation |
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part de l'emphysème |
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retentissement
sur les échanges gazeux |
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retentissement sur
l'artère pulmonaire et le cœur droit |
| |
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2/ l'éducation
du patient sur : |
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|
sa
maladie : facteurs favorisants, mécanismes, évolution et complications
possibles |
| |
|
son traitement : buts, moyens, utilisation des médicaments. |
| |
Elle favorise sa participation active indispensable et peut permettre une mise
en route personnelle des antibiotiques et corticoïdes lors d'exacerbations grâce
à un plan d'action. |
|
|
| |
3/ un suivi régulier |
| |
|
Réf :
Foucaud J, Versel M, Laügt O, Taytard A. L’éducation thérapeutique du patient
atteint de BPCO : le discours du médecin généraliste. Résultats d'une étude
d'analyse automatique du discours. Rev Mal Respir 2005;22:55-62
Turnock
A, Walters E, Walters J, Wood-Baker R. Action plans for chronic
obstructive pulmonary disease. Cochrane Database Syst Rev 2005;4:CD005074 |
Au
total : prise en charge thérapeutique
Approche
physio-pathologique du traitement
Critères d'efficacité des médicaments dans les BPCO
Comparaison
BPCO-asthme
Voyages en
avion
BPCO
Comment réduire le handicap ? |
Le handicap respiratoire est un état clinique imposant une limitation
de l'activité personnelle, sociale ou professionnelle en rapport avec une
affection de l'appareil respiratoire, que la PaO2 soit normale ou abaissée.
L'objectif est, ici, de
réduire ce
handicap et d'améliorer la
qualité de vie.
Cela passe par :
1/ Une prise en charge thérapeutique
optimale appliquant les principes des
recommandations
2/ Une réhabilitation respiratoire
incluant
un
entraînement à l’exercice,
une éducation,
incluant les techniques de
drainage bronchique si nécessaire,
un
soutien psychologique et social.
3/ Une prise en
charge de la nutrition
Elle est inadéquate chez 25 à 50% des
malades atteints de BPCO.
Elle conduit à une dégradation fonctionnelle des muscles
respiratoires.
L'état nutritionnel des patients est lié à la sensibilité aux exacerbations et
au pronostic.
Malheureusement, les supplémentations nutritionnelles n'ont pas, aujourd'hui, fait la
preuve de leur efficacité.
4/
Un traitement symptomatique de la dyspnée, lorsque c'est nécessaire
Quand elle persiste,
sévère, malgré une prise en charge maximale, les
opiacés peuvent
être utiles, sous surveillance, et sans oublier le risque d'une dépression respiratoire.
BPCO
Comment prévenir la dégradation de la fonction respiratoire ? |
La prévention est essentielle
C'est la suppression aussi complète que possible de tous les
facteurs de risque, au premier rang desquels le tabac.
Elle est d'autant plus efficace que plus précoce, d'où l'importance du
dépistage des formes initiales. La guérison du patient, avec disparition des
signes fonctionnels et normalisation de tous les paramètres ventilatoires, peut
être obtenue. C'est le cas chez les jeunes bronchitiques fumeurs qui voient
disparaître leur toux et leur expectoration parallèlement à l'amélioration
de leurs débits bronchiques.
Elle n'est jamais inutile, elle est même d'autant plus nécessaire que la
maladie avance ; elle permet de diminuer la symptomatologie, le nombre de
poussées évolutives, et d'arrêter ou ralentir la dégradation de la fonction
respiratoire.
La prévention s'appuie sur
:
le sevrage
tabagique
: c'est le moyen théoriquement le plus accessible, pratiquement le plus
difficile à mettre en œuvre mais toujours le plus efficace. Le médecin doit s'y
impliquer par l'information qu'il dispense, l'exemple qu'il donne au patient.
| Réf :
Scanlon
PD, Connett JE, Waller LA, Altose MD, Bailey WC, Buist AS. Smoking
cessation and lung function in mild-to-moderate chronic obstructive
pulmonary disease. The Lung Health Study Am J Respir Crit Care
Med 2000;161:381-90 |
l'éviction des facteurs professionnels
: c'est plus difficile ;
ils ne sont pas toujours identifiés, et le changement de poste de travail est souvent
problématique.
les
vaccinations :
la vaccination
anti-grippale : elle est recommandée
du fait de la fréquence des infections virales
à l'origine des surinfections bronchiques.
la vaccination
anti-pneumococcique : elle est recommandée car
active sur les pneumocoques fréquemment rencontrés à
l'origine des surinfections bronchiques.
les
anti-oxydants : bien qu'il semble exister un lien entre la prise alimentaire
d'anti-oxydants (fruits, légumes) et l'évolution des BPCO, leur prescription
(N acétyl-cystéine) ne semble pas la modifier.
l'éradication des foyers infectieux
dentaires, ORL est indispensable mais souvent négligée.
la stimulation immunitaire non spécifique
: à
base d'extraits bactériens divers ; ces médicaments
ont été retirés du marché depuis le 24/10/2005
les cures climatiques,
plutôt que thermales, dont il est difficile de
connaître a priori l'efficacité.
BPCO : surveillance minimale
| ON VOIT DONC QUE |
 |
La prévention de la BPCO est la méthode la plus simple et la plus
efficace. |
| |
Elle nécessite cependant des démarches difficiles : diagnostic précoce, éviction
complète des facteurs de risque. Elle est parfois mal comprise par le patient, tournée
en dérision par sa famille et/ou son entourage. |
 |
Le traitement symptomatique est
complexe dans ses moyens dont aucun n'est par lui-même suffisant. Il doit de plus être
adapté, surveillé dans son efficacité, sa tolérance et fréquemment réactualisé. Il
peut paraître lourd au sujet car disproportionné par rapport à la gêne ressentie. |
 |
L'éducation thérapeutique est
essentielle, comme pour toute maladie chronique. |
|
C'est pourquoi l'action thérapeutique qui,
pour être efficace, doit être précoce et globale, nécessite en premier lieu la
conviction du malade, mais aussi du médecin, dans sa mise en place et son suivi. |
| |
Et pour la recherche 5 grandes questions restent toujours ouvertes (Punturieri, 2008)
 pourquoi seule une minorité de fumeurs développent une BPCO cliniquement significative ?
 pourquoi y a t-il une si grande hétérogénéité dans la présentation des BPCO ?
 quelles voies physiopathologiques sont critiques et comment peut on les moduler par un traitement ?
 pourquoi la maladie continue t-elle à progresser même après l'arrêt de la maladie ?
 comment rendre réversible la lésion pulmonaire qui caractérise la BPCO ?
|
| |
Réf
:
Barnes PJ. Chronic obstructive pulmonary disease. N Eng J Med 2000;343:269-80
Global initiative for chronic obstructive lung disease, mise à jour
juillet 2004
Pauwels RA, Buist AS, Calverley PMA, Jenkins CR, Hurd SS on behalf of
the GOLD scientific committee: Global strategy for the diagnosis,
management, and prevention of chronic obstructive pulmonary disease. Am J
Respir Crit Care Med 2001;163:1256-76
Punturieri A, Croxton TL, Weinmann GG, Kiley JP. Chronic obstructive pulmopnary disease - A view from the NHLBI. Am J Respir Crit Care Med 2008;178:441-3
Sutherland ER, Cherniak RM. Management of chronic obstructive pulmonary
disease. N Eng J Med 2004;350:2689-97 |
|