Allergie/Asthme Génétique |
| Créé le 17/06/2002 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 24/07/2007) |
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Sommaire
- Atopie (allergie)
- Chromosome 5q23-31
- Chromosome 5q31-33
- Chromosome 6p
- Chromosome 11q13
- Chromosome 12q
- Chromosome 14q
- Chromosome 16
- Autres chromosomes d'intérêt
- Asthme
- Pharmacogénétique
- Les récepteurs b-adrénergiques
- Les corticoïdes inhalés
I - Atopie (Allergie)
Le risque attribuable
à l'atopie dans l'asthme de l'adulte
et l'enfant est < 40%.
Chromosome
5q23-31 : gènes codant pour
les cytokines : IL-4, 5, 9, 13
Chromosome
5q31-33 : gènes codant pour
les cytokines : IL-3, chaîne
b de l'IL-12
le récepteur b2-adrénergique (cf
infra)
le récepteur aux corticostéroïdes
le GMCSF
Chromosome
6p : gène codant pour
le complexe HLA
le TNF a
Chromosome
11q13 : gène codant pour
les IgE (chaîne
b
du récepteur IgE à haute affinité - R1)
Chromosome
12q : gènes codant pour
l'interféron-g
l'insulin-like growth factor
un facteur de croissance des mastocytes
la sous-unité b
du facteur nucléaire Y (up-régule la transcription de l'IL-4)
Chromosome
14q : gène codant pour
le TcR
Chromosome
16 : gène codant pour
l'IL-4r
Autres
chromosomes d'intérêt
1 : tests cutanés
4 : IgE
5 : IgE
7 : IgE
13 : "atopie", IgE
17 : IgE
20 et 21 : réactivité aux pollens (betula, lolium, artemisia)
Les régions les plus intéressantes sont sans
doute celles qui apparaissent dans plus d'un groupe (chromosomes 4, 7, 16).
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Réf :
Blumenthal
MN, Langefeld CD, Barnes KC, Ober C, Meyers DA et al. A genome-wide
search for quantitative trait loci contributing to variation in seasonal
pollen reactivity. J Allergy Clin Immunol 2006;117:79-85
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II - Asthme
L'asthme est une maladie multigénique.
Bien que l'atopie et l'hyper-réactivité bronchique (HRB) soient
corrélées,
elles sont sous des contrôles génétiques différents.
polymorphisme
du gène de IL-4
mutation du gène
contrôlant la production de LTB4
gènes
candidats plus étroitement associés à l'HRB et à la sévérité de la maladie
:
récepteurs b2
(Gly 16 Arg, Gln 27 Gly, Thr 64 Ile)
TGF-b (C509T, 72 Ins
C, T869C, G915C)
LTC4 synthase (A-444C)
gluthatione-S-transferase (GST P1 : Val 105 Leu)
TNF-a (G-308A)
TNF-b (LTa Ncol)
neuronal NOS (allele CA18)
chromosome 20p13 : (ADAM)33 desintegrine et metalloproteinase
III - Pharmacogénétique
Le fait que des individus, avec la même sévérité apparente
de leur asthme, répondent différemment aux traitements peut s'expliquer par
l'environnement, l'observance, la psychologie, les co-morbidités mais aussi
par des facteurs génétiques.
La pharmacogénétique a pour ambition de proposer des traitements individualisés
permettant de prédire leur efficacité et de réduire leurs effets secondaires.
La forme la plus commune de polymorphisme est due à l'altération d'une seule
base sur un seul locus. Il peut aussi s'agir
de l'insertion ou de la délétion de bases ou de régions plus longues de l'ADN.
Il peut enfin s'agir de la répétition de séquences de di, tri ou tétranucléotides.
Les individus peuvent être homo- ou hétérozygotes pour le polymorphisme considéré.
Sont aussi soumises
à variabilité
-
les régions qui régulent le niveau d'expression
des cibles,
- les voies du métabolisme des médicaments,
particulièrement importante pour les médicaments à fenêtre thérapeutique
étroite (ex : théophylline)
- les mécanismes homéostatiques
activés par l'exposition aux médicaments.
a. les récepteurs b-adrénergiques
Le
gène du récepteur b2-adrénergique
humain a été identifié sur le bras long du chromosome
5. Ce gène peut subir des mutations susceptibles d'induire une
anomalie du récepteur avec des implications fontionnelles et cliniques.
Ce récepteur présente un segment N-terminal extracellulaire, 7 domaines
intra-cellulaires et une extrêmité C-terminale intracellulaire ; il est
couplé aux protéines G5 stimulatrices qui agissent sur la concentration
intracellulaire d'AMPc. Sa stimulation conduit à la relaxation du muscle
lisse.
Cette réponse peut être diminuée par
désensibilisation
: découplage entre le récepteur et la protéine G
séquestration
intra-cellulaire puis soit destruction du récepteur,
soit ré-expression du récepteur à la surface de
la membrane.
4 mutations paraissent plus intéressantes à étudier ;
elles modifient :
le segment N-terminal,
position 16 : remplacement de l'arginine (Arg)
par la glycine (Gly)
position 27 : remplacement de la glutamine (Gln) par l'acide glutamique
(Glu)
la jonction
segment N-terminal/domaine 1
position 34 : remplacement
de la valine (Val) par la méthionine (Met)
le domaine
4
position 164 : remplacement de la thréonine (Thr) par l'isoleucine
(Ile)
Les mutations 34 et 164 sont rares et uniquement à l'état hétérozygote.
Les mutations 16 et 27 sont fréquentes et peuvent être hétéro-
ou homozygotes ; elles ne modifient pas la fixation du ligand sur le
récepteur.
Ces mutations ne sont pas plus fréquentes chez l'asthmatique que chez
le sujet normal.
Quelques
données actuelles
position
16
Les
sujets Gly/Gly ont
-
une internalisation plus importante du
récepteur
lors d'une stimulation prolongée par b2-agonistes
; ils répondent
moins dans le long terme sous traitement b-agoniste
régulier,
- un risque plus élevé d'asthme nocturne et d'asthme
sévère (Contopoulos, 2005),
- une meilleure fonction respiratoire et un taux de eNO plus élevé
lorsqu'ils sont enfants et exposés au tabagisme (Zhang, 2007).
Les sujets Arg/Arg ont
-
un risque plus élevé d'exacerbations d'asthme comparés
aux sujets Arg/Gly ou Gly/Gly, et particulièrement chez ceux régulièrement
exposés au salmétérol (Palmer, 2006).
Les enfants avec au moins un allèle Arg, exposés
au tabagisme passif, ont une fonction respiratoire plus basse que
les homozygotes Gly16 ; il en est de même sur le VEMS pour
les enfants Gln27.
position
27
Les sujets Glu/Glu
ont
- moins d'internalisation des récepteurs,
- un risque moindre d'asthme chez les enfants (Thakkinstian, 2005),
- une PD20 métacholine 4 fois supérieure à celle
des homozygotes Gln,
- un taux de eNO plus élevé lorsqu'ils
sont enfants et exposés au tabagisme (Zhang, 2007).
L'effet protecteur des corticoïdes inhalés
contre ces effets est controversé.
Mais il faut aussi tenir compte des combinaisons de polymorphismes,
les haplotypes. Il
est possible qu'il y ait une interaction entre les allèles des
sites 16 et 27 (Thakkinstian, 2005).
b. les corticoïdes inhalés
On n'a pas trouvé de corrélation évidente entre les polymorphismes des
gènes des récepteurs aux glucocorticoïdes et la réponse aux corticostéroïdes.
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Réf :
Contopoulos-Ioannidis DG,
Manoli EN, Ioannidis JP. Meta-analysis of the association
of beta2-adrenergic receptor polymorphisms with asthma phenotypes. J
Allergy Clin Immunol 2005;115:963-72
Hall IP, Sayers I. Pharmacogenetics and asthma: false hope or
new dawn? Eur Respir J 2007;29:1239-45
Palmer CNA,
Lipworth BJ, Lee S, Ismail T, Macgregor DF, Mukhopadhyay S. Arginine-16
b2 adrenoceptor genotype predisposes to exacerbations in young
asthmatics taking regular salmeterol. Thorax 2006;61:940-4
Thakkinstian A,
McEvoy M, Minelli C, Gibson P, Hancox B, Duffy D, Thompson J,
Hall I, Kaufman J, Leung TF, Helms PJ, Hakonarson H, Halpi E,
Navon R, Attia J. Systematic review and meta-analysis of
the association between {beta}2-adrenoceptor polymorphisms and
asthma: a HuGE review. Am J Epidemiol 2005;162:201-11
Zhang G, Hayden CM, Khoo S-K, Candelaria P, Laing IA, Turner
S, Franklin P, Stick S, Landau L, Goldblatt J, Le Souëf
PN. ß2-Adrenoceptor polymorphisms and asthma phenotypes:
interactions with passive smoking. Eur Respir J 2007;30:1334-41
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C'est
l'interaction entre le génotype et l'environnement qui fait le
phénotype final.
Exemple : nouveau-né
+ chien à la
maison = 30 % de dermatites atopiques
avec génotype
159TT sur le locus encodant CD14 (récepteur pour LPS) + chien à la maison = 5
% de dermatites atopiques
sans chien à la
maison = 51 % de dermatites atopiques
avec génotype
159TT sur le locus encodant CD14 (récepteur pour LPS) sans chien à la maison
=
43 % de dermatites atopiques.
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Réf :
Gern
JE, Reardon CL, Hoffjan S, Nicolae D, Li Z, Roberg KA, Neaville WA,
Carlson-Dakes K, Adler K, Hamilton R, Anderson E, Gilbertson-White S,
Tisler C, DaSilva D, Anklam K, Mikus LD, Rosenthal LA, Ober C, Gangnon
R, Lemanske RF. Effects of dog ownership and genotype on immune
development and atopy in infancy. J Allergy Clin Immunol 2004;113:307-14
Holgate
ST, Davies DE, Powell RM, Howarth PH, Haitchi HM, Holloway JW. Local
genetic and environmental factors in asthma disease pathogenesis: chronicity
and persistence mechanisms. Eur
Respir J 2007;29:793-803
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