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Réhabilitation respiratoire

Créé le 12/10/1999 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 06/11/2006)
     
     

Sommaire

  • Facteurs contribuant à la limitation de l'exercice chez les malades respiratoires chroniques
  • Objectifs de la réhabilitation
  • Tests d'exercice
  • Avantages démontrés de la réhabilitation respiratoire dans les BPCO
  • Comment conserver le résultat obtenu avec la réhabilitation respiratoire ?
  • Au total, recommandations

La fonction respiratoire n'est pas le seul paramètre de la sévérité et du pronostic.
Il faut aussi prendre en compte
la capacité d'exercice,
la capacité à participer aux activités quotidiennes, éléments essentiels de la qualité de vie liée à la maladie.
L'intolérance à l'exercice est l'un des principaux facteurs limitant la participation aux activités quotidiennes des malades respiratoires chroniques.

Facteurs contribuant à la limitation de l'exercice chez les malades respiratoires chroniques
limites ventilatoires : augmentation de l'espace mort, anomalies des échanges gazeux, augmentation des besoins ventilatoires du fait du déconditionnement et du trouble fonctionnel des muscles périphériques ; chez l'emphysémateux, en particulier, allongement du temps de vidange des poumons pendant l'expiration dû à l'obstruction bronchique et aggravé pendant l'exercice avec hyperinflation, augmentation du travail respiratoire, augmentation de la charge sur les muscles respiratoires et augmentation de la perception de l'inconfort respiratoire.
anomalies des échanges gazeux.
anomalies du fonctionnement cardiaque : augmentation de la post-charge du ventricule droit du fait de l'augmentation des résistances pulmonaires, de la vasoconstriction hypoxique et de la polyglobulie. En cas d'hypertrophie ventriculaire droite on peut observer des troubles du rythme et un retentissement sur le cœur gauche.
troubles fonctionnels des muscles
    squelettiques : amaigrissement, déconditionnement, inflammation systémique, stress oxydatif, anomalies des échanges gazeux, corticothérapie.
    respiratoires : conduisant à l'hypercapnie, la dyspnée, la désaturation nocturne et la baisse de la capacité d'exercice.

Objectifs de la réhabilitation
réduire les symptômes
améliorer l'activité quotidienne
restaurer le plus haut niveau possible d'autonomie du patient

Tests d'exercice

Test de marche de 3, 6 ou 12 minutes avec mesure de la distance parcourue.
Test d'exercice sur bicyclette ergométrique
Test d'exercice sur tapis roulant
  
Avantages démontrés de la réhabilitation respiratoire dans les BPCO Preuve
  Améliore la capacité d'exercice à fréquence respiratoire et cardiaque égale A
  Réduit l'intensité de l'essoufflement perçu A
  Améliore la qualité de vie liée à la santé A
  Réduit le nombre d'hospitalisations et les durées de séjour A
  Réduit l'anxiété et la dépression liée à la BPCO A
  L'entraînement en force et endurance des membres supérieurs améliore leur fonction A
  Les bénéfices se poursuivent au-delà de la période d'entraînement A
  Améliore la survie A
  L'entraînement des muscles respiratoires est bénéfique, surtout quand il est combiné à un entraînement général B
  Une intervention psycho-sociale est utile B
  
La réhabilitation respiratoire doit être indiquée et réalisée par un spécialiste.
  
Contenu de la réhabilitation respiratoire
Les programmes incluent

un entraînement à l’exercice (recommandations) :
20 séances, 3 fois par semaine
préférer les exercice à forte intensité
entraîner les membres supérieurs et inférieurs. Il peut porter spécifiquement sur les membres supérieurs dont l'activité est souvent à l'origine d'une dyspnée marquée liée à une augmentation du travail diaphragmatique. Bien qu'il n'y ait pas de preuve de l'efficacité, on peut aussi entraîner les muscles inspiratoires (Lötters, 2002).
combiner puissance et endurance (Ortega, 2002)
avant les exercices, optimiser la fonction respiratoire (bronchodilatateurs)
pendant l'exercice, l'oxygénothérapie peut être utile même s'il n'existe pas de désaturation lors du test initial
La stimulation électrique neuro-musculaire peut être utilisée chez les malades affaiblis (
Vivodtzev, 2006)

une prise en compte de la nutrition (Steiner, 2003)
une éducation (Scherer, 1998), incluant les techniques de drainage bronchique si nécessaire
un soutien psychologique (prise en compte de l'anxiété et de la dépression) et social (accompagnement) (Devine, 1996) mais le réentraînement a, par lui-même, une action sur les paramètres psycho-sociaux (Guell, 2006)
Durée de la réhabilitation respiratoire
la durée optimale d'un protocole de réhabilitation n'est pas connue (entre 4 semaines et 6 mois) (Finnerty, 2001 ; Sewell, 2006)
   
Comment conserver le résultat obtenu avec la réhabilitation respiratoire ?
le bénéfice obtenu est, le plus souvent, perdu en quelques semaines
l'observance des programmes d'entretien à domicile est généralement faible
les programmes de suivi post-réhabilitation semblent peu efficaces (Brooks, 2002 ; Ries, 2003)
la répétition de programmes courts peut favoriser la préservation du résultat
   
Au total, recommandations
La réhabilitation respiratoire est un élément majeur de la prise en charge des malades atteints de BPCO, dyspnéiques et intolérants à l'effort. Elle améliore la qualité de vie (A).
La réhabilitation est organisée en programmes multidisciplinaires, proposés à des sujets motivés, à l'optimum de leur traitement pharmacologique (C).
Le réentrainement des membres inférieurs est un volet indispensable de ces programmes (A). Les contenus médicaux et psychosociaux des programmes doivent être individualisés (A).
Il est recommandé de réaliser, avant la mise en œuvre d'un programme de réhabilitation, une épreuve d'effort maximale à charge croissante (A).
La réhabilitation est efficace quel que soit son lieu de réalisation, en institution, en ambulatoire ou au domicile du malade (A). 
Il n'est pas recommandé de prescrire plus d'un programme médicalisé par an ; la poursuite de l'entraînement à domicile doit être privilégiée (B).

Place de la réhabilitation dans la prise en charge thérapeutique du BPCO en état stable

Le réentraînement à l'exercice doit être conseillé aux patients dyspnéïques, avec une limitation d'activité dont la BPCO est modérément sévère ou sévère.
Mais elle n'est efficace, dans le long terme, que dans la mesure où le patient est résolu à maintenir une activité physique régulière après la période de réentraînement (
Heppner, 2006).
Après une exacerbation, elle doit être envisagée précocement et améliore l'état clinique du malade (Man, 2004).
Elle est contre-indiquée chez les patients ayant des problèmes orthopédiques ou neurologiques gênant la mobilité ou la participation, chez ceux ayant des co-morbidités mal contrôlées (psychiatrique, cardiaque).
Une simple activité physique régulière peut, déjà, être utile (Garcia-Aymerich, 2006).

Prise en charge thérapeutique de l'état stable en fonction de la sévérité

Réf :
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