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Nicotine dans
l'air |
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composé
organique semi-volatile
marqueur
spécifique de la combustion du tabac
bonne corrélation entre
le nombre de cigarettes fumées, la concentration de nicotine aérienne et
la concentration des particules en suspension
valeur moyenne d'exposition tolérée en France : 0,5 µg/m3
(domicile ou lieu de travail avec fumeur : 1 - 15 µg/m3 ;
bars, night-clubs : 50 - 150 µg/m3) |
Principal
alcaloïde du tabac (90-95 % du contenu en alcaloïdes) |
Quantité absorbée
fonction de : nombre de bouffées fumées, profondeur de l'inhalation. |
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Neurophysiologie |
La nicotine agit sur les
récepteurs nicotiniques cholinergiques qui potentialisent le relargage de neurotransmetteurs et l'excitabilité neuronale dans le cerveau |
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les nAChRs sont formés de
5 sous-unités, homo- ou hétéromériques, formées à partir de 9 sous-unités a (2-10), 3 sous-unités b (2-4), chacune codée par un seul gène
b2 : le plus largement exprimé dans le cerveau, essentiel au contrôle des neurones dopaminergiques, considérés comme ayant la plus forte affinité pour la nicotine et les agonistes nicotiniques ; a4 : engagés dans les comportements d'addiction ; a7
: transmission synaptique rapide, apprentissage ; son hypersensibilité favoriserait les crises épileptiques ; a3 : ganglions du système nerveux autonome et neurones dopaminergiques, joue un rôle dans la dépression locomotrice induite par la nicotine ; b4 : ganglions du système nerveux autonome, joue un rôle dans la part somatique du syndrome de sevrage ; a5, a6, b3 : pas d'interventions notables
prédominent
dans le cerveau humain : a4b2
(médiateurs critiques de la récompense et donc récepteur principal de la dépendance), mais aussi a3b4
(sous-type majeur du système nerveux autonome ; effets cardio-vascualires)
ouvrent des canaux sodiques et calciques |
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centraux (Dani, 2001) |
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La nicotine induit : |
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excitation neuronale pré-synaptique surtout,
avec libération
de :
dopamine : plaisir, suppression de l'appétit ;
noradrénaline :
éveil, suppression de l'appétit ;
acétyl-choline : éveil,
stimulation des processus cognitifs ;
glutamate : apprentissage,
stimulation de la mémoire ;
sérotonine : modulation de l'humeur,
suppression de l'appétit ;
beta-endorphine : réduction de l'anxiété
et de la tension ;
GABA : réduction de l'anxiété et
de la tension
excitation neuronale post-synaptique |
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l'activation aiguë des nAChR stimule les neurones dopaminergiques ; l'exposition continue à des concentrations faibles de nicotine entretient la désensibilisation ; c'est peut être pour cela que la première cigarette est considérée comme celle qui donne le plus de plaisir. |
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désensibilisation des récepteurs (avec récupération souvent rapide après disparition de l'agoniste) diminution de la réponse à l'agoniste mais plus forte affinité pour l'ACh.
Cette désensibilisation est partielle et ne touche pas uniformément tous les sites récepteurs de la nicotine ; l'exposition chronique à de faibles concentrations de nicotine, comme chez le fumeur (ou lors d'un traitement par nicotine ou agonistes de la nicotine), désensibilise préférentiellement les récepteurs a4b2 des terminaisons GABAergiques et pas les récepteurs a7 des terminaisons glutamatergiques ; il y a donc une réorientation dela réponse dopamine vers la réponse glutamate.
Il est donc possible que les réponses fonctionnelles liées à l'exposition chronique à la nicotine par le tabagisme résultent, au moins en partie, de la désensibilisation de nAChR maintenue par le tabagisme. |
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multiplication compensatrice des sites de liaison de la nicotine (up-régulation) qui persiste après 2 semaines d'abstinence
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En plus de la stimulation directe
et indirecte de la libération des neurotransmetteurs, le tabagisme réduit
l'activité monoamine oxydase A et B du cerveau ce qui augmente le taux
de neurotransmetteurs monoaminergiques comme la dopamine et la noradrénaline. |
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Effets centraux
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fonction
de la dose et des circonstances : |
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faible dose : éveil ; forte dose : somnolence |
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éveille quand on est somnolent ; calme quand on est tendu |
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diminution
du stress |
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stimulation du circuit de
la récompense (dopamine) ; pendant la durée de cette stimulation tous
les évènements qui surviennent (environnement, évènements psychiques)
peuvent être associés à la récompense ; ces associations peuvent
ensuite se maintenir pendant des durées très longues (mois voire
années) |
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stimulation
du système endocannabinoïde qui joue un rôle important dans la
régulation de la balance énergétique, du métabolisme et du stockage
des lipides, du contrôle de la douleur, l'apprentissage et la mémoire rôle dans l'installation et l'entretien du tabagisme |
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Au total c'est l'activation et la désensibilisation coordonnées de nombreux nAChR différents sur des sous-types de neurones différents pendant l'exposition à la nicotine qui sont à l'origine d'un ensemble d'effets comportementaux incluant la récompense, le renforcement conditionné et la modulation de l'humeur. |
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Effets périphériques |
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liés
à la stimulation des ganglions parasympathiques :
bronches :
augmentation de la
stimulation cholinergique du muscle lisse bronchique ;
cœur : tachycardie, augmentation du
débit cardiaque et de la pression artérielle (liés à la sécrétion
d'adrénaline et noradrénaline) ;
digestif : accélération de la motricité intestinale ;
général : sueurs |
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inhibition
ou blocage des fibres C du système nerveux sensitif des voies aériennes
sous-glottiques réduction du réflexe de toux (Millqvist,
2001) |
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augmentation
du taux d'acides gras libres plasmatiques ; baisse du HDL cholestérol ; hausse
du LDL cholestérol |
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réduction
de la prise alimentaire avec sous-poids d'environ 4kgs. |
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La
nicotine se comporte comme un agent anti-apoptotique, stimule l'angiogenèse,
est un agent promoteur de la croissance tumorale. |
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Pharmacocinétique |
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absorption rapide par le poumon (1,5mg/cigarette moyenne)
circulation systémique
distribution y compris cerveau atteint en 10 à 20 secondes. |
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pic de nicotine atteint en 10min avec une cigarette, 20 minutes avec cigares ou
pipes
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chute de 50 % en 10 min par redistribution dans les tissus
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disparition en
1 à 2h par métabolisme hépatique
cytochrome P450 : 80 % de l'oxydation ; (CYP2A6
; CYP2B6 ; CYP2E1)
surtout,
glucuronidation : UGT 1A4, 1A9, 2B10,
mais aussi rein et poumons.
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important polymorphisme génétique
de l'activité CYP et UGT conduisant à une très grande variabilité individuelle
du métabolisme de la nicotine.
les métaboliseurs lents fument moins de cigarettes. |
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élimination urinaire : cotinine (15 %), trans-3-hydroxycotinine (45 %), nicotine
inchangée (10 %)... |
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facteurs susceptibles de
modifier le métabolisme de la nicotine : variations génétiques des
enzymes intervenant dans le métabolisme, alimentation, âge, sexe (le métabolisme
de la nicotine est plus rapide chez les femmes que chez les hommes), grossesse
(métabolisme très rapide pendant la grossesse), maladies rénales
et hépatiques,
race (métabolisme plus lent chez les africains) |
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La dépendance
à la nicotine peut être considérée comme une combinaison de renforcements
positifs (amélioration de l'humeur, du fonctionnement général) et d'évitement
des conséquences négatives de son usage antérieur (syndrome de manque).
Les fumeurs légers ou occasionnels fument d'abord pour les effets de
renforcement positifs et perçoivent peu ou pas de syndrome de manque. |
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Réf
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